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Anthropic file en bourse : 965 Md$, devant OpenAI

Jean-Paul Lesein 4 min de lecture 26 vues
Anthropic file en bourse : 965 Md$, devant OpenAI

Le 1er juin 2026, Anthropic a déposé un dossier confidentiel d'introduction en bourse (S-1) auprès de la SEC, sur une valorisation de 965 milliards de dollars, devant OpenAI (852 Md$). Porté par un run-rate de 47 milliards et le succès entreprise de Claude%20Code" class="keyword-link" aria-label="Voir : Claude Code">Claude Code, le créateur de Claude approche son premier trimestre rentable. Mais la facture du calcul est vertigineuse : jusqu'à 1,25 milliard par mois versé à SpaceX. Décryptage d'un basculement pour toute l'industrie de l'IA.

Le 1er juin 2026, Anthropic a déposé en toute discrétion son projet d'introduction en bourse auprès de la SEC. Et le chiffre qui l'accompagne donne le vertige : 965 milliards de dollars de valorisation. À ce niveau, le créateur de Claude est désormais plus cher qu'OpenAI. En quelques mois, le rapport de force dans l'IA générative a basculé, et le calendrier des prochaines semaines pourrait redéfinir tout le secteur.

Un S-1 confidentiel, et trois géants sur la ligne de départ

Concrètement, Anthropic a soumis un « draft S-1 » confidentiel : un dossier d'enregistrement remis à l'autorité boursière américaine, qui lui ouvre l'option d'une entrée en bourse sans encore en fixer la date. Ni le nombre d'actions ni le prix ne sont arrêtés. C'est la première marche, mais elle est officielle.

Anthropic n'avance pas seul. La société entre dans ce que la presse américaine surnomme déjà la « course aux IPO à 3 000 milliards ». SpaceX a déposé un S-1 public dès le 20 mai et vise une cotation au Nasdaq le 12 juin, autour de 1 750 à 1 800 milliards de dollars. OpenAI aurait déposé son dossier confidentiel vers le 22 mai, pour une entrée visée en septembre 2026 à plus de 1 000 milliards.

Trois des entreprises technologiques les plus valorisées de la planète se préparent donc à la bourse quasi simultanément. Pour les marchés, c'est un test grandeur nature : l'appétit des investisseurs pour l'IA est-il infini, ou touche-t-on au sommet ?

965 milliards : comment Anthropic est passé devant OpenAI

Ce dépôt arrive juste après une levée record. Le 28 mai, Anthropic a bouclé une Série H de 65 milliards de dollars, menée par Altimeter Capital, Dragoneer, Greenoaks et Sequoia, avec Blackstone, Fidelity ou encore DST Global au tour de table. Résultat : une valorisation post-money de 965 milliards.

Pour situer : OpenAI avait levé 122 milliards en mars 2026 sur une valorisation de 852 milliards. Anthropic passe donc officiellement devant son rival historique, une première qui aurait semblé improbable il y a un an.

Le moteur de cette envolée, ce sont les revenus. Le chiffre d'affaires annualisé (run-rate) d'Anthropic a franchi 47 milliards de dollars à la mi-mai, contre environ 10 milliards fin 2025. L'entreprise évoque une croissance de l'ordre de 130 % et dit approcher son premier trimestre rentable. Dans un secteur où l'on brûle du cash par milliards, c'est un argument de poids face aux investisseurs.

Claude Code, discret moteur de la machine

Derrière ces milliards, un produit tire la croissance plus que les autres : Claude Code, l'assistant de développement en ligne de commande. Les abonnements entreprise à Claude Code ont quadruplé depuis le début 2026, et l'usage professionnel représente désormais plus de la moitié des revenus du produit.

Ce n'est pas anecdotique. Cela confirme que le nerf de la guerre se joue côté entreprises et développeurs, pas seulement auprès du grand public. Anthropic a fait du code son terrain de prédilection, et c'est précisément là que les budgets se débloquent le plus vite.

La facture cachée : des coûts de calcul vertigineux

Mais cette croissance a un prix, et il est colossal. Pour entraîner et servir ses modèles, Anthropic signe des contrats d'infrastructure démesurés. Avec Amazon, jusqu'à 5 gigawatts de capacité supplémentaire. Avec Google et Broadcom, 5 gigawatts de puces TPU de nouvelle génération. Et avec SpaceX, l'accès aux clusters GPU Colossus 1 et 2.

Le détail qui fait tiquer : Anthropic se serait engagé à verser 1,25 milliard de dollars par mois à SpaceX jusqu'en mai 2029 pour de la capacité de calcul. Soit 15 milliards par an, pour un seul fournisseur. C'est l'envers du décor d'une valorisation à 965 milliards : des engagements de dépenses qui se comptent eux aussi en dizaines de milliards.

C'est tout l'enjeu d'une future cotation. Les marchés vont enfin pouvoir confronter le récit de croissance à la réalité des marges, une fois le S-1 rendu public.

Mon analyse : la bascule est réelle, le risque aussi

Je retiens deux choses de ce 1er juin. La première, c'est que la hiérarchie de l'IA a vraiment changé. Pendant des années, OpenAI était la référence absolue, Anthropic l'outsider sérieux. Aujourd'hui, c'est Anthropic qui affiche la plus grosse valorisation et le récit de revenus le plus solide, porté par les usages entreprise et le code.

La seconde, c'est que cette course aux IPO ressemble à un moment de bascule pour tout le secteur. Trois mastodontes en bourse en quelques mois, ce sont des dizaines de milliards à lever, et des comptes enfin exposés au grand jour. Si les revenus tiennent leurs promesses, l'IA aura prouvé qu'elle est une industrie, pas une bulle. Si les coûts de compute dévorent les marges, la correction pourrait être brutale.

Pour un décideur ou un développeur, le signal est clair : l'IA générative entre dans son âge adulte financier. Les outils qu'on utilise au quotidien sont désormais portés par des entreprises qui pèsent autant que les plus grands groupes du CAC 40 réunis. Cela change la donne sur la pérennité, mais aussi sur la dépendance. Mieux vaut le savoir avant de bâtir toute sa stack dessus.

J'ai détaillé tous les chiffres, le calendrier des IPO et les contrats de compute dans mon analyse complète sur TECH ACTU : le lien est en commentaire.

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