852 milliards de dollars de valorisation. 122 milliards levés en une seule opération. Un nouveau palier tarifaire lancé le jour même où Codex franchissait 3 millions d'utilisateurs hebdomadaires. En moins de deux semaines, OpenAI a orchestré une séquence qui ressemble moins à des annonces produit qu'à une démonstration de force. Voilà ce qui s'est passé — et pourquoi ça compte.
122 milliards de dollars : la plus grande levée de fonds de l'histoire des startups
Le 31 mars 2026, OpenAI a clôturé officiellement son tour de table à 122 milliards de dollars — soit la plus grosse levée de fonds privée jamais réalisée dans la Silicon Valley, et probablement dans le monde. La valorisation post-money atteint 852 milliards de dollars, ce qui place OpenAI au niveau de Berkshire Hathaway. Pour une entreprise fondée il y a dix ans avec une poignée de chercheurs et quelques serveurs, c'est proprement vertigineux.
Les co-investisseurs ? Amazon pour 50 milliards, Nvidia et SoftBank pour 30 milliards chacun. À côté, Microsoft, a16z, D.E. Shaw et T. Rowe Price ont aussi participé. Ce n'est plus un tour de financement — c'est un traité d'alliance industrielle. Amazon mise sur le compute (AWS), Nvidia sur les puces (ses propres GPU), SoftBank sur le déploiement en Asie.
Les chiffres d'usage confirment pourquoi ces acteurs se battent pour rentrer : 2 milliards de dollars de revenus mensuels, 900 millions d'utilisateurs actifs hebdomadaires sur ChatGPT. OpenAI n'est plus un lab — c'est un produit de masse.
ChatGPT Pro à 100$ par mois : un nouveau palier taillé pour les développeurs
Le 9 avril, OpenAI a lancé un nouveau tier à 100 dollars par mois, inséré entre ChatGPT Plus (20$) et l'ancien ChatGPT Pro (200$). La cible est claire : les développeurs qui utilisent intensivement Codex, l'assistant de code d'OpenAI intégré dans ChatGPT et les IDE.
Le plan à 100$ inclut : accès à GPT-5.4 Pro (le modèle le plus puissant d'OpenAI), génération d'images illimitée, Deep Research, mode Agent, mémoire étendue et accès à Sora. Mais la vraie promesse, c'est le quota Codex : 5 fois les limites de ChatGPT Plus en standard, et 10 fois jusqu'au 31 mai 2026 en promotion de lancement.
La comparaison avec Anthropic est explicite. Claude Max est aussi tarifé à 100 dollars par mois. OpenAI lance ce palier exactement au même prix, le lendemain du chiffre des 3 millions d'utilisateurs Codex. Ce n'est pas une coïncidence de calendrier.
Codex : 3 millions d'utilisateurs hebdomadaires, croissance × 5 en 3 mois
Le 8 avril, la veille du lancement du nouveau plan, OpenAI a révélé que Codex venait de franchir le cap des 3 millions d'utilisateurs hebdomadaires. Ce chiffre représente une croissance de 5 fois en trois mois — une accélération qui explique directement la création du palier à 100$.
La logique est simple : des millions de développeurs utilisent Codex quotidiennement, beaucoup atteignent les limites du plan Plus, mais ne sont pas prêts à payer 200$ pour le plan Pro complet. Il y avait un gap tarifaire. OpenAI vient de le combler.
Pour un développeur solo ou une petite équipe qui utilise Codex comme couche de productivité — génération de boilerplate, review de PR, documentation automatique, debugging en continu — 100$ par mois avec 5x les quotas actuels, c'est un calcul qui se fait vite. D'autant que le plan Pro à 200$ reste pour ceux qui ont besoin du maximum absolu.
Dans les coulisses : GPT-6 (codename Spud) sort d'entraînement
En parallèle de ces annonces, des sources proches d'OpenAI ont révélé que le pré-entraînement du prochain grand modèle — codename Spud — s'est terminé le 24 mars 2026 au datacenter Stargate d'Abilene, Texas, construit spécifiquement pour cette opération.
Spud devrait être ce que l'on appellera GPT-6 une fois le branding arrêté. Les marchés de prédiction Polymarket donnaient début avril une probabilité significative d'une sortie avant fin juin 2026. Le modèle entrerait maintenant dans les phases de fine-tuning RLHF, d'alignement et d'évaluation de sécurité.
Si GPT-6 sort cet été, ça change la donne pour tous les acteurs. Anthropic a Claude Opus 4.6, Google a Gemini 3.1 Ultra, et Meta travaille encore sur ses nouvelles architectures. Une sortie GPT-6 en juin ou juillet remet les benchmarks à zéro et relance une nouvelle séquence de course.
Mon analyse : OpenAI joue simultanément sur trois tableaux
Ce qui se passe ici est intéressant à décrypter. OpenAI ne fait pas qu'annoncer des produits — il structure un écosystème dans lequel chaque décision verrouille un segment de marché différent.
La levée à 852 milliards finance l'infrastructure compute pour Stargate (et donc Spud/GPT-6). Le partenariat Amazon ancre le déploiement cloud sur AWS. Le nouveau palier à 100$ capture les développeurs avant qu'ils ne migrent sur Claude Max. Et les 900 millions d'utilisateurs hebdomadaires créent une data d'usage que personne d'autre ne peut répliquer à cette échelle.
C'est une stratégie de verrouillage plateforme, pas simplement une guerre de modèles. En 2025, le débat était qui a le meilleur LLM. En 2026, la question est devenue sur quelle plateforme est-ce que je construis — et OpenAI dépense 122 milliards pour que la réponse soit la leur.
Pour les équipes dev et les CTOs : si vous n'avez pas encore fait de comparatif Codex vs Claude Code vs Gemini Code Assist dans votre contexte spécifique, c'est le bon moment. Le nouveau palier ChatGPT Pro à 100$ rend la question économique beaucoup plus nette. J'ai détaillé l'architecture de Codex et un test pratique sur les tâches de refactoring dans mon article complet sur TECH ACTU.
